Les émotions sont souvent considérées comme un handicap dans la prise de décisions. On les voit comme des parasites sur la radio de notre raisonnement.

Et si je n’avais plus d’émotions est ce que je prendrais de meilleurs décisions?!!

Imaginons que je sois sur l’autoroute des décisions de mon quotidien; et que je tombe en panne d’émotions….vous voyez la scène?! J’entends déjà une partie de mon cerveau me dire “tu as encore oublié de faire le plein d’émotions”….

Est ce que je pourrais continuer d’avancer vers les décisions adéquates?!!

Les recherches en Neurosciences et notamment le neurologue Damasio nous apporte une réponse et ce n’est pas celle qu’on croit …..

Damasio rencontre un patient surnommé Elliot (pour ne pas donner son vrai nom j’imagine;-)) dont la vie a complétement basculée.

Alors qu’il réussissait bien dans ses affaires, Elliot doit être opéré d’une tumeur bénigne au cerveau. Après cette opération, Elliot se retrouve avec une sensibilité émotionnelle quasi nulle. Sa vie personnelle et professionnelle devient un fiasco. Il divorce, se remarie, re-divorce… Il se lance dans des opérations financières douteuses et n’arrive plus à effectuer son travail. Il est incapable de gérer son emploi du temps et ne peut plus exécuter un travail dans un délai donné.

Damasio se rend compte qu’Elliot est dans l’incapacité de prendre des décisions adéquates dans sa vie personnelle et professionnelle. Il fait alors le lien suivant entre émotions et décisions :

Les émotions loin de constituer un obstacle à la prise de décisions rationnelles se révèlent être leur condition indispensable.

Ainsi selon Damasio, le raisonnement pur réclame une trop grande capacité de mémoire pour retenir la multitude de combinaisons probables, pour prévoir les conséquences des décisions. La mémoire serait alors soutenue par les émotions.

Lors de la prise de décisions, les représentations faites par le cerveau des différents scénarios sont présentés au centre des émotions. En retour, lui il esquisse une réaction émotionnelle (corporelle) adaptée à cette représentation fugace.

Si la réaction esquissée est déplaisante au niveau du corps (soma), le scénario est rejeté. Lorsque l’émotion ressentie est positive, l’alternative est “marquée” et conservée. Ainsi le nombre d’alternatives de choix se réduit petit à petit.

Et tout cela se fait en quelques secondes. Le processus de décision grâce aux émotions est ainsi plus rapide, efficace et économise les moyens.

C’est une peu comme si vous vouliez choisir une chaîne de télévision; vous avez la télécommande dans les mains (ce qui est déjà bien bravo ;-)), les images des chaînes passent mais vous n’avez pas le son.

Est ce qu’il vous serait alors facile de prendre la décision quand au choix de la chaîne?

La prochaine fois que vous serez sur l’autoroute des décisions prenez soin d’écouter vos émotions